Exode vers la France et retour au Canada des officiers des troupes de la Marine au Canada

Présentation

En 1760, au lendemain de la Conquête, plusieurs officiers des troupes de la Marine, surtout les plus hauts gradés, n'eurent pas le choix de rentrer en France suite à la défaite des troupes françaises. Les Britanniques, nouveaux maîtres du pays, ne souhaitaient pas que ces officiers demeurent au pays compte tenu de leur participation lors de la guerre de Sept Ans. Une centaine d'officiers canadiens sont donc passés en France entre les années 1759 et 1763. Issus pour la plupart de la noblesse canadienne et ayant complété une brillante carrière militaire, ils croyaient poursuivre celle-ci en France ce qui ne fut pas le cas pour la plupart d'entre eux. Une fois en France, on les trouve principalement en Touraine, à Rochefort et à Paris dans l'attente de nouvelles affectations. Comme le secrétariat à la Marine dédaignait de voir des officiers canadiens servir sur le continent, plusieurs ont dû poursuivre leur carrière dans les colonies des Antilles, de l'Afrique et de l'Inde.

Parmi les 177 officiers des troupes de la Marine rentrés en France à la Conquête, seulement 40 sont revenus au Canada entre les années 1763 et 1766 dont un seul officier français Yves-Jacques Ferrière de Bussé. Ces informations inédites proviennent du Projet de recherche sur les officiers des troupes de la Marine au Canada 1683-1760 (PROTMC) dont les objectifs sont d'identifier tous les officiers et les cadets des troupes de la Marine qui ont servi au Canada entre les années 1683 et 1760. Au 1er avril 2017, 897 officiers et cadets ont été inscrits dans la base de données du PROTMC. Les recherches entreprises en 2015 seront complétées au début de l'année 2017 et feront l'objet d'une publication aux Éditions du Septentrion à l'automne 2017.

Les recherches à partir de la base de données ont permis d'identifier huit capitaines d'origine canadienne rentrés en France entre les années 1759 et 1763 et de retour au Canada entre les années 1763 et 1765 avec l'approbation des autorités britanniques. Ces officiers hauts gradés avaient tous reçu l'Ordre militaire et royal de Saint-Louis au cours de leur carrière. Souvent désabusés de l'attitude des autorités françaises à leur égard, une trentaine d'officiers sont rentrés au Canada au lendemain du traité de Paris mettant ainsi fin à une brillante carrière militaire au sein de l'armée royale française. Certains officiers souhaitaient aussi rejoindre leur famille demeurée au Canada et s'occuper de la gestion de leur seigneurie.

Voici les notices biographiques de cinq capitaines telles qu'elles apparaîtront dans la partie biographique du livre sur les officiers des troupes de la Marine au Canada 1683-1760.

Quelques capitaines d'origine canadienne revenus au Canada

Aubert de Gaspé, Philippe-Ignace, est né le 04-04-1714 à Saint-Antoine-de-Tilly (Québec), fils de Pierre-Aubert, seigneur, et de Madeleine-Angélique Le Gardeur de Tilly. Cadet au Canada (1728), expectative d'enseigne en second (26-03-1738), enseigne en second (01-04-1739), enseigne en pied (12-05-1745), commandant du fort Saint-Jean (1746-1753), lieutenant (01-05-1749), capitaine (17-03-1756), commandant du fort Saint-Frédéric (1756-1757), à Carillon (1757-1758), lieutenant de la seconde compagnie des canonniers-bombardiers (1760), à Montréal (08-09-1760), passé en France (1760), retour au Canada (1763). Il a participé à plusieurs expéditions militaires vers les postes de l'Ouest (1734-1746). Chevalier de Saint-Louis (24-03-1761). Il avait épousé Marie-Anne Coulon de Villiers à Québec le 30-06-1745. Il est décédé le 26-01-1787 à Saint-Jean-Port-Joli (Québec).

Chartier, marquis de Lotbinière, Michel, est né le 12-04-1723 à Québec (Québec), fils d’Eustache, conseiller au Conseil supérieur de la Nouvelle-France, et de Marie-Françoise Renaud d'Avesne des Méloizes. Cadet au Canada (1742), expectative d’enseigne en second (1742), enseigne en second (1744), en Acadie (1746-1747), enseigne en pied (15-02-1748), lieutenant et ingénieur militaire (01-04-1753), au fort Carillon (1755-1758), capitaine (01-05-1757), aide-de-camp de Vaudreuil (1759), commandant à l'île aux Noix, (1760), à Montréal (08-09-1760), passé en France (1761), retour au Canada (1763), passé en Angleterre (1772), puis la France (1774), officier et espion lors de la guerre d'Indépendance américaine aux États-Unis (1777), passé de nouveau en France (1777), retour aux États-Unis (1787). Chevalier de Saint-Louis (28-03-1779. Il avait épousé Louise-Madeleine Chaussegros de Léry à Québec le 20-11-1747, décédée à Vaudreuil le 1er avril 1809 à Vaudreuil. Le 29-11-1774, il a fait baptisé à Paris un fils illégitime Michel-Alain d’Allainville qu’il a eu avec Marie Smith. Il est décédé le 14-10-1798 à New York (New York).
Hertel de Rouville, Jean-Baptiste-François, est né le 23-12-1708 à Montréal (Québec), fils de Jean-Baptiste, officier dans les troupes de la Marine, et de Marie-Anne Beaudoin. Enseigne en second à l'île Royale (01-05-1723), au Canada (01-04-1727), enseigne en pied (01-04-1733), lieutenant (1745), commandant au fort Sainte-Thérèse (1747-1748), commandant au fort de Chambly (1748-1751), capitaine (01-05-1757), commandant au fort de Chambly (1753-1760), à Montréal (08-09-1760), passé en France (1761), à La Rochelle (1763), retour au Canada (1763). Chevalier de Saint-Louis (14-03-1761). Il avait épousé Marie-Anne Legras à Montréal le 26-08-1733. Il est décédé le 17-03-1777 à Montréal (Québec).